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Mohemmed EL AMRAOUI Né à Fès en 1964 Poète Marocain, vit actuellement en France |
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Elégie de
Tarafa Ibn al-'Abd- II
DIVISION
Ablution
Tour à tour, les cannes d'un esprit
rayonnent
sur le crâne de l'aveugle,
Les chênes fument le
vent, et président la pierre.
Pierre chargée de
deuils où bute le sens. Pierre qui, pure, accouche
d'une ode
- Et la voici pour
toujours, dans les dunes.
Tant d'oiseaux dans ses hanches-
La terre est blonde
comme une chimère.
Et sur les tables molles de l’âge
les abeilles parcourent
le règne de la blessure.
Le chuchotement est
maître des hymnes
sous les cruches du lait.
Une racine rouge
enfle dans la voix du gouverneur.
Et le cœur libre
ensommeillé dans les choses qui
éparpillent le paysage
garde son herbe à la
flûte du berger.
Quatrième saison
entre les signes des réticences.
Et toute la nuit, les
prémices d'une molaire
poussent sur la couronne de l'orient.
La lune, sur le vélin
du ciel, écrit ses failles
et ses rires
et le mont songe sous les rides.
La lune se mire au
sang du marcheur,
et au frottement du coeur, tel un
archet, réveille
un chant d'exil à longueur de dunes
Des cerfs.
Leurs empaumures portent le livre des
pérégrinations
Et sur leurs andouillers pousse la
lumière
La raison dans mes
caillots se sèche au vent
d'une erreur, dit-il.
Il enfonce son regard
dans le coussin de la nuit
la mémoire reflue sur ses bords.
Fourchaient les
troncs à chaque pénombre
de l'alphabet. des oiseaux
simples sans qualité
voltigent dans la légende.
Et dans le fief de la
rieuse
l'évanescence de leurs chants.
Une vaste robe trône
sur l'horizon.
Des voyelles dispersées
au-dessus de quelques nuages.
Orage viride avec les
arbres noue.
Et ma salive
si funèbre qu'elle lubrifie la tombe.
Grammaires rouges
sur les lames de l'Est,
Et que mes faibles
enchantements meurent
sous l'aisselle de cette lettre!
Un sifflement encore
me jette
là où
le bois alimente le coeur
exposé à l'heure du crime
dans la lumière du chant.
Entre de désir et
l'ombre du doigt,
la phrase de l'arbre
se retire.
Et les figuiers d'une
vieille mort
viennent raccorder leur danse
au vent.
Le lait chaule
l'écriture,
et on voit encore des crochets fins
annonçant l'ombre du poète.
Le poète s'asseyant
sur les ruches de l'absence,
assiégeant les ruses du gouverneur.
Le scintillement d'un
signet sur le heurtoir du sable.
La tête saigne au
bout de la lettre. La tête blanc,
moqueuse d'un cheval
raconte le tombeau.
Ô Soleil ! Grande
épouse !
tu as avec moi
une hargne quasi filiale
tu
- sur les cornes d'un vieux démon
accourant vers le versant de mon je-
me prépares
les ablutions mortuaires.